Origine et histoire du Château de Verneuil
Le château de Verneuil est un château médiéval érigé sur un coteau dominant la commune de Verneuil, dans la Nièvre (Bourgogne-Franche-Comté). Sa construction initiale remonte au XIVe siècle, comme en témoigne une mention de 1309 dans l’Inventaire des Titres de Nevers de Michel de Marolles, où Guyot de La Perrière, fils d’Hugues, est cité comme premier propriétaire pour « les maisons de la Boue et de Verneuil ». L’édifice, alors qualifié de « maison fort », est agrandi au fil des siècles, notamment au XVe siècle avec l’ajout de tours d’angle et de systèmes défensifs comme des assommoirs et des archères.
L’architecture actuelle repose sur une plate-forme carrée de 30 mètres de côté, entourée à l’origine de fossés aujourd’hui comblés. Quatre tours marquent les angles, dont une tour principale du XIVe siècle, la mieux conservée, dotée de meurtrières et d’une baie Renaissance ornée de pilastres cannelés. Le corps de logis, relié aux tours sud, date du XVe siècle, tandis qu’une aile du XVIIe siècle, à deux étages et comble éclairé par une lucarne à ailerons, témoigne de modifications ultérieures. À l’ouest, subsistent des vestiges de la courtine et une tour ronde à toit conique, percée d’archères. Un colombier et une ferme, intégrés à l’ensemble, rappellent l’ancienne basse-cour.
La seigneurie de Verneuil change plusieurs fois de mains par alliances matrimoniales. En 1309, Guyot de La Perrière en est le premier détenteur connu. La famille conserve le château jusqu’en 1424, date à laquelle Alix de La Perrière, petite-fille de Hugues, l’apporte en dot à Jean III de La Rivière. Par héritages successifs, le domaine passe aux familles de Digoine, de Fontenay, puis de Babute et de Bonnay. En 1662, François Léonard de Bonnay, dernier seigneur de la lignée, épouse Catherine de Maumigny, dont le neveu Paul hérite du château. La famille de Maumigny, puis de Cordon après le mariage de Marie de Maumigny avec Joseph-Marie de Cordon en 1865, conserve Verneuil malgré la Révolution, ajoutant au XVIIIe siècle un corps de logis Renaissance.
Le château est partiellement inscrit aux monuments historiques depuis le 12 mars 1991, couvrant ses façades, toitures, la ferme et son colombier. Les sources littéraires, comme les travaux de Georges Richard de Soultrait ou d’Adolphe de Mullot de Villenaut, documentent son histoire liée à la noblesse nivernaise, tandis que son architecture reflète les évolutions défensives et résidentielles entre Moyen Âge et époque moderne.